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Damien Van Achter
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- je sais que ce n'est pas le thème principal de ton billet mais la cause de CopiePresse n'est pas juste : la défense de leurs actionnaires ne mérite pas qu'on sacrifie la stabilité du Net. Sacrifier le bien de tous pour le profit de quelqu'un n'est pas ma conception d'une cause juste.
Ce d'autant plus qu'il existe des solutions techniques triviales et stables pour mettre en oeuvre ce qu'ils réclament ;
- pour moi l'information est un produit comme un autre. Il faut décomplexer à son sujet et le vendre comme tous les autres produits.
Je suis content de voir que ton discours s'éloigne de la pub. Bien entendu la publicité peut avoir sa place mais avec la pub, le client n'est pas le consommateur d'information, c'est l'annonceur le client.
Donc pourquoi pas pour certains produits (voir le succès des journaux gratuits) mais il n'empêche que quand on arrive avec un contenu pertinent les consommateurs sont prêts à paier : il se vends toujours pas mal de livres, on trouve des chaînes à péage et, sur Internet, voir le WSJ.
Et, comme tu le soulignes, une stratégie multi-canaux a son intérêt.
--ben
Par ailleurs, limiter la démarche de Copiepresse à la seule défense des actionnaires de la presse quotidienne est exrêmement réducteur (mais bon, je ne vais pas rouvrir ici ce dossier enflammé ;-)).
Un produit ça se positionne sur un marché qui peut être grand ou petit. Et on fixe sa politique tarifaire en fonction de celà.
Prenons un produit simple mais indispensable (comme l'information) : le pain. Et bien tu as des pains vendus à bas prix en volume (supermarché). La qualité n'est pas extraordinaire mais ça fait du volume (course à l'audimat). A l'autre extrème, tu as les spécialités levain, avec des céréales plus nobles, bio évidement. Sur ces produits, le prix n'est plus vraiment un critère.
Puis tu as évidement tout ce qui se trouve entre : le boulanger de quartier. Le boulanger petit industriel qui a 2, 3 points de vente et une machine automatique. Tous ces gens-là trouvent un positionnement pour leur produit qui n'est pas nécessaire la course au volume. C'est une stratégie mais il y en a d'autres.
Idem pour l'information : il y a de l'information à consommer largement, qui vaut à peine les bits qui le transporte (les gratuits) et puis de l'information à très forte valeur ajoutée (séminaires exclusifs, etc.).
C'est ça que je veux dire en disant que c'est un produit comme un autre.
Ce qui fait qu'une information à forte valeur ajoutée et destinée à une niche peut très rapidemment être diffusée en masse (ce qui est plus difficile avec un pain).
Ca c'était pour le commentaire non-constructif. Car après cette densité de "mise au point", il faut bien respirer un coup ! ;-)
Continue, Damien.. tu vas la trouver ta formule. Peut-être qu'une petite perspective historique t'éclairerait. Les innovations futures peuvent se comprendre avec les précédentes, notamment par les appropriations, les nouveaux usages qu'elles ont générées. Ca n'a rien de rétrograde, juste une aide dans la logique de compréhension et d'explication.
La technologie fascine... mais pas seulement.
@+
Un site spécialisé disons sur la prise de son (j'allais parler de revue mais prenons un site) ne vas pas être visité par un large public. Et plus le site va être spécialisé (un logiciel de montage donné), plus son public va (naturellement) être réduit.
Deuxième nuance (et plus fondamentale à mes yeux) une information, effectivement, peut facilement être dupliquée. Une source d'information le sera beaucoup moins.
Donc, si je continue mon exemple du site sur la prise de son. Je vais peut-être trouvé un duplicata de l'information ailleurs mais si je suis passionné du sujet (ou si j'ai besoin de l'information) je vais établir un rapport avec un site donné.
A charge du site alors à me proposer un modèle qui sera mutuellement bénéfique. On ne pourra pas dupliquer la qualité de cette source facilement.
Arrive le Web 2.0 vas-tu peut-être me répondre. Mais ça ne fait que déplacer légèrement le problème en introduisant un aggrégateur qui va fournir une service, devenir une source de meilleure qualité de par son rôle et donc il y aura là aussi matière à proposer un modèle économique.
Il y aurait encore des choses à dire sur les habitudes et le désir d'un objet physique mais je m'égarerais. Pour en revenir au point de départ : ce n'est pas nécessairement une course à l'audimat. Dès lors qu'on considère l'information comme un produit, à chacun de trouver sa place en fonction de la typologie de l'information qu'il propose, consomme ou aggrège.
"Hélas non, l'information n'est pas un produit comme un autre. Si tu prends ce postulat, alors tu donnes raison à la course à l'audimat, aux pressions des annonceurs et à toutes les dérives qui en découlent. L'information, c'est ce qui permet à une société de fonctionner."
Ah bon ? Un journal n'est-il pas par définition un produit qui se vend sur les étals de kiosque et ce, dans le monde entier ? Cette dimension mercantile ne s'allie-t-elle pas avec la notion de rentabilité qui induit la production intellectuelle recherchée par une clientèle et la tentative d'amener cette dernière à s'intéresser à certains sujets particuliers ?
Quant aux pressions, fussent-ce celles des annonceurs publicitaires, des bailleurs de fonds publics ou de groupes industriels, elles existent tout azimut, même de manière profondément indirectes et à moins de créer un canard de bénévoles avec un tirage de fanzine, tu m'excuseras mais c'est un peu rêver les yeux ouverts...
"limiter la démarche de Copiepresse à la seule défense des actionnaires de la presse quotidienne est exrêmement réducteur"
Tu imagines probablement que c'est une question d'honneur, de réflexe citoyen et d'éthique professionnelle plutôt que de gros sous en amont des arguments des pontes ? Ce n'est plus de l'angélisme, c'est carrément ta souris dans le bénitier ;-)